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Monitoring Active Directory, pourquoi la surveillance continue est un enjeu critique de cybersécurité

Active Directory : le cœur névralgique de votre infrastructure et sa surface d'attaque

 

Active Directory représente bien plus qu'un simple annuaire d'entreprise. C'est le système nerveux central de la plupart des infrastructures Windows, gérant l'authentification, les autorisations et les politiques de sécurité pour l'ensemble des utilisateurs, machines et services. Cette position stratégique en fait également la cible privilégiée des attaquants.

 

Une surface d'attaque considérable

L'annuaire Active Directory expose naturellement une surface d'attaque importante. Chaque contrôleur de domaine constitue un point d'entrée potentiel vers l'ensemble de l'infrastructure. Les protocoles historiques comme LDAP, Kerberos, NTLM ou SMB, bien que nécessaires au fonctionnement de l'environnement, présentent des vulnérabilités connues que les attaquants exploitent régulièrement.

La complexité inhérente à Active Directory amplifie ce risque. Les entreprises accumulent au fil des années des configurations héritées, des comptes orphelins, des groupes sur-privilégiés et des relations d'approbation mal documentées. Cette dette technique crée des angles morts que seul un monitoring Active Directory rigoureux permet d'identifier.

 

Les enjeux de privilèges et mouvements latéraux

Une fois qu'un attaquant compromet un compte utilisateur standard, l'annuaire Active Directory devient son terrain de jeu pour l'élévation de privilèges. Les mauvaises configurations sont légion : comptes de service avec des privilèges excessifs, délégations Kerberos mal maîtrisées, GPO modifiables par des utilisateurs non-administrateurs, ou encore comptes d'administration laissés actifs sans surveillance.

Les mouvements latéraux constituent la phase critique d'une attaque sophistiquée. L'attaquant exploite les relations de confiance entre machines, utilise le credential caching, détourne les tickets Kerberos ou abuse des protocoles d'administration à distance. Sans monitoring Active Directory en temps réel, ces mouvements passent inaperçus jusqu'à ce que l'attaquant atteigne son objectif : les contrôleurs de domaine eux-mêmes.

 

L'exposition réseau comme vecteur d'attaque

L'environnement réseau dans lequel évolue Active Directory joue un rôle déterminant dans sa sécurité. Les contrôleurs de domaine communiquent sur de nombreux ports, certains nécessaires au fonctionnement nominal, d'autres potentiellement exploitables. L'exposition de services comme DNS (port 53), LDAP (389/636), Kerberos (88), RPC (135) ou SMB (445) doit être strictement contrôlée et surveillée.

Le risque s'accroît avec les environnements hybrides modernes. Les interconnexions entre sites distants, l'intégration cloud avec Azure AD, les accès VPN ou encore les zones démilitarisées créent des chemins d'attaque complexes. Chaque nouvelle connexion réseau élargit potentiellement la surface d'exposition de votre annuaire.

Pourquoi le monitoring Active Directory est indispensable en cybersécurité

 

Le monitoring Active Directory ne constitue pas une option mais une nécessité stratégique pour toute organisation soucieuse de sa posture de sécurité. Cette surveillance continue permet de transformer un environnement opaque en un système observable, où chaque anomalie peut être détectée et investiguée.

 

Détecter les vulnérabilités avant qu'elles ne soient exploitées

Un monitoring Active Directory efficace identifie les vulnérabilités structurelles de votre annuaire avant que les attaquants ne les découvrent. Cela inclut les comptes avec des mots de passe faibles ou expirés, les délégations excessives, les chemins d'attaque vers les administrateurs de domaine, ou encore les configurations non conformes aux bonnes pratiques de sécurité.

L'analyse régulière des relations de confiance, des appartenances aux groupes privilégiés et des permissions sur les objets sensibles révèle souvent des surprises. Un compte de service créé il y a cinq ans avec des droits d'administrateur de domaine, un stagiaire toujours membre du groupe des administrateurs, ou une GPO modifiable par le groupe utilisateurs du domaine : autant de portes ouvertes qu'un monitoring rigoureux met en lumière.

 

Identifier les mauvaises configurations critiques

Active Directory accumule naturellement des mauvaises configurations au fil du temps. Les changements organisationnels, les migrations, les déploiements d'urgence ou simplement l'absence de gouvernance créent des écarts par rapport aux standards de sécurité. Le monitoring Active Directory permet de maintenir une hygiène informatique indispensable.

Les configurations critiques à surveiller incluent les politiques de mots de passe insuffisantes, les protocoles d'authentification obsolètes encore actifs, les services exposés inutilement sur le réseau, ou les sauvegardes de contrôleurs de domaine accessibles sans contrôle strict. Chacune de ces faiblesses peut devenir le point d'entrée d'une compromission majeure.

 

Repérer les comportements suspects et tentatives d'intrusion

Au-delà des vulnérabilités statiques, le monitoring Active Directory détecte les comportements dynamiques caractéristiques d'une attaque en cours. Les tentatives répétées d'authentification, les requêtes LDAP anormales, les énumérations de comptes ou de groupes, les modifications inhabituelles dans l'annuaire constituent autant d'indicateurs de compromission.

La corrélation d'événements devient alors cruciale. Un scan réseau identifié sur les ports liés à Active Directory, suivi d'authentifications échouées puis réussies avec un compte de service, et enfin d'une modification de groupe privilégié : cette séquence raconte l'histoire d'une attaque réussie. Sans monitoring Active Directory intégré, ces signaux faibles restent invisibles jusqu'à l'incident majeur.

Identifier les composants critiques de votre annuaire

 

Avant de sécuriser efficacement un environnement Active Directory, il faut d'abord le connaître parfaitement. La phase de reconnaissance et de cartographie réseau constitue le fondement de toute stratégie de monitoring et de sécurité de l'annuaire.

 

Comprendre votre exposition réseau réelle

La cartographie réseau révèle souvent des écarts significatifs entre la documentation théorique et la réalité du terrain. Des contrôleurs de domaine oubliés, des services exposés sur internet alors qu'ils devraient rester internes, des ports sensibles accessibles depuis des zones non approuvées : la découverte réseau met en lumière votre posture de sécurité réelle.

Cette phase permet d'identifier tous les systèmes participant à l'écosystème Active Directory. Au-delà des contrôleurs de domaine évidents, il s'agit de localiser les serveurs DNS intégrés, les serveurs de fichiers utilisant l'authentification AD, les applications web reposant sur LDAP, ou encore les équipements réseau authentifiant leurs administrateurs via l'annuaire.

 

Établir une baseline de sécurité

La cartographie initiale établit une référence à partir de laquelle mesurer les évolutions. Connaître précisément quels services tournent sur quels ports, depuis quelles zones réseau ils sont accessibles, et comment ils interagissent avec Active Directory permet ensuite de détecter tout changement non autorisé.

Cette baseline documente également les flux réseau légitimes. Les contrôleurs de domaine doivent communiquer entre eux sur certains ports spécifiques, les postes de travail interrogent le DNS et contactent Kerberos, les serveurs d'applications établissent des connexions LDAP. Distinguer ces flux normaux des activités malveillantes nécessite d'abord d'avoir cartographié l'environnement sain.

 

Identifier les chemins d'attaque potentiels

L'analyse réseau révèle les chemins qu'un attaquant pourrait emprunter pour progresser vers les composants critiques de votre Active Directory. Un contrôleur de domaine accessible depuis un segment réseau peu sécurisé, un port RPC exposé permettant l'exécution de code à distance, ou un service LDAP sans chiffrement sur une zone démilitarisée constituent autant de chemins d'attaque à documenter et corriger.

Cette cartographie s'avère particulièrement critique dans les environnements complexes. Les entreprises multi-sites, les infrastructures cloud hybrides ou les réseaux industriels interconnectés présentent des topologies où les chemins d'attaque ne sont pas toujours évidents. La reconnaissance systématique permet d'anticiper les scénarios d'attaque avant qu'ils ne se concrétisent.

 

Nmap au service du monitoring Active Directory 

Dans l'arsenal des outils de reconnaissance réseau, Nmap occupe une place particulière pour la cartographie des environnements Active Directory. Cet outil de scan de ports et de découverte de services s'intègre naturellement dans une stratégie de monitoring AD, tout en présentant des limites qu'il convient de comprendre.

 

Identifier les contrôleurs de domaine et leurs services

Nmap permet d'identifier rapidement les contrôleurs de domaine au sein d'une infrastructure en scannant les ports caractéristiques d'Active Directory. Les ports TCP 389 (LDAP), 636 (LDAPS), 88 (Kerberos), 445 (SMB) et 3268/3269 (Global Catalog) constituent des signatures révélatrices. Un système exposant simultanément ces services est très probablement un contrôleur de domaine.

Les scripts NSE (Nmap Scripting Engine) enrichissent cette découverte. Le script ldap-rootdse interroge le RootDSE de l'annuaire pour extraire des informations précieuses : nom du domaine, niveau fonctionnel de la forêt, serveurs DNS, nom NetBIOS du domaine. Ces métadonnées documentent l'environnement sans nécessiter d'authentification.

D'autres scripts comme smb-os-discovery ou smb-security-mode révèlent la version du système d'exploitation, la configuration SMB et les politiques de signature. Cette reconnaissance passive construit progressivement une image détaillée de chaque contrôleur de domaine identifié.

 

Cartographier les ports sensibles et services exposés

Au-delà des contrôleurs de domaine, Nmap cartographie l'ensemble des services dépendant d'Active Directory ou l'exposant indirectement. Les serveurs IIS utilisant l'authentification intégrée Windows, les applications web reposant sur LDAP pour l'authentification, les serveurs Exchange intégrés au domaine ou les équipements réseau gérant l'accès via RADIUS et Active Directory apparaissent lors de scans complets.

La détection de services obsolètes ou mal configurés constitue un apport majeur. Un serveur exposant encore LDAP non chiffré (port 389) alors que LDAPS (port 636) devrait être privilégié, ou un système acceptant les authentifications NTLM v1 malgré leurs vulnérabilités connues : Nmap avec ses scripts de détection identifie ces faiblesses configuratives.

L'analyse des versions de protocoles et des configurations SSL/TLS révèle également des vulnérabilités exploitables. Un contrôleur de domaine acceptant des suites cryptographiques faibles pour LDAPS, ou un service Kerberos vulnérable à des attaques de type downgrade : ces informations orientent les priorités de correction.

 

Les limites de Nmap dans le monitoring Active Directory

Malgré sa puissance, Nmap présente des limites importantes dans le contexte du monitoring Active Directory. Il s'agit avant tout d'un outil de reconnaissance réseau externe, qui n'accède pas à la logique interne de l'annuaire. Les relations de confiance entre domaines, les délégations Kerberos, les appartenances aux groupes privilégiés ou les ACL sur les objets sensibles restent invisibles à un scan de ports.

Nmap ne remplace pas non plus l'analyse des journaux Active Directory. Les tentatives d'authentification échouées, les modifications d'objets sensibles, les changements de politiques de groupe ou les élévations de privilèges ne se détectent qu'en corrélant les événements remontés par les contrôleurs de domaine eux-mêmes.

L'outil génère également du bruit détectable. Les scans de ports déclenchent des alertes sur les systèmes de détection d'intrusion, les firewalls et les systèmes de monitoring réseau. Dans un contexte de pentest ou d'audit autorisé, cette visibilité est acceptable. Dans une approche de monitoring continu et discret, d'autres techniques s'imposent.

Enfin, Nmap ne suffit pas à évaluer la posture de sécurité globale d'Active Directory. Un contrôleur de domaine parfaitement configuré au niveau réseau peut héberger un annuaire truffé de comptes sur-privilégiés, de mots de passe faibles ou de chemins d'attaque vers les administrateurs. La complémentarité avec des outils d'analyse AD spécialisés devient indispensable.

 

L'approche Piirates : intégrer le monitoring AD dans les missions de pentest

 

Chez Piirates, le monitoring Active Directory constitue un pilier central de notre méthodologie de test d'intrusion. Notre approche ne se limite pas à identifier des vulnérabilités ponctuelles, mais vise à évaluer la capacité d'une organisation à détecter et répondre aux attaques ciblant son annuaire.

 

Une vision globale de la sécurité Active Directory

Nos missions de pentest intègrent systématiquement une phase d'évaluation du monitoring Active Directory en place. Nous analysons quels événements sont collectés, comment ils sont corrélés, et quelle visibilité réelle l'équipe de sécurité possède sur son annuaire. Cette évaluation révèle souvent des lacunes critiques : des journaux non activés, des événements non centralisés, ou des alertes mal configurées.

Cette approche permet de contextualiser nos découvertes. Identifier une vulnérabilité exploitable est une chose, mais démontrer qu'elle peut être exploitée sans déclenchement d'alerte transforme la perspective. Nos rapports documentent non seulement les faiblesses techniques, mais aussi les angles morts du monitoring qui permettent aux attaquants de progresser en silence.

 

La reconnaissance comme première étape

Chaque mission commence par une phase de reconnaissance approfondie. Nous utilisons des techniques de découverte réseau, incluant des outils comme Nmap, pour cartographier l'exposition d'Active Directory. Cette cartographie identifie les contrôleurs de domaine, les services associés, les versions de protocoles et les configurations réseau.

Mais nous allons plus loin. La reconnaissance passive via l'analyse DNS, l'énumération des enregistrements SRV spécifiques à Active Directory, ou la collecte d'informations publiques sur l'organisation complète le tableau. Cette phase établit la surface d'attaque réelle avant tout test intrusif.

 

Tester la détection autant que les vulnérabilités

Notre méthodologie distingue deux axes complémentaires. Le premier axe évalue les vulnérabilités techniques : comptes faibles, mauvaises configurations, chemins d'élévation de privilèges, failles protocolaires. Le second axe teste la capacité de détection : nos actions déclenchent-elles des alertes ? L'équipe de sécurité identifie-t-elle nos tentatives ? Le monitoring Active Directory permet-il de reconstituer la chaîne d'attaque ?

Cette double approche produit des résultats exploitables. Nous documentons quelles techniques passent sous le radar du monitoring, quels événements critiques ne sont pas collectés, et quelles améliorations de la détection permettraient de réduire significativement le risque. Le rapport final inclut donc des recommandations techniques et organisationnelles pour renforcer le monitoring Active Directory.

 

L'accompagnement dans la durée

Au-delà du pentest ponctuel, nous accompagnons nos clients dans l'amélioration continue de leur monitoring Active Directory. Cela inclut la définition des événements critiques à surveiller, la mise en place de cas d'usage de détection, l'optimisation des règles de corrélation, ou encore la formation des équipes SOC aux techniques d'attaque spécifiques à Active Directory.

Cette approche pérenne transforme le monitoring Active Directory d'une obligation de conformité en un véritable avantage défensif. Les organisations que nous accompagnons développent progressivement une capacité mature à détecter, investiguer et répondre aux attaques ciblant leur annuaire.

Toutes nos missions sont spécifiques
Parce que vos enjeux le sont !

Le pentest est avant tout une philosophie qui, couplé avec nos compétences techniques multiples peut s’adapter aux diffférentes cibles.

Cas d'usage concrets : le monitoring AD selon les types de pentest

 

Le monitoring Active Directory s'intègre différemment selon le type de pentest réalisé. Piirates adapte son approche aux spécificités de chaque environnement et aux risques associés.

 

Pentest systèmes d'information et réseaux

Dans le cadre d'un pentest systèmes d'information et réseaux, Active Directory constitue naturellement la cible principale. Nous commençons par cartographier l'environnement réseau pour identifier tous les composants de l'infrastructure AD : contrôleurs de domaine, serveurs de fichiers intégrés au domaine, stations d'administration, équipements réseau authentifiant via RADIUS.

Les scans Nmap révèlent l'exposition des services critiques. Un contrôleur de domaine accessible depuis le réseau invité, un port LDAP exposé sur internet, ou des services d'administration à distance non restreints constituent des découvertes fréquentes. Nous testons ensuite l'exploitation de ces expositions : énumération anonyme LDAP, attaques de type Kerberoasting, relais NTLM ou exploitation de vulnérabilités dans les protocoles d'authentification.

Le monitoring est évalué en parallèle. Nos tentatives d'énumération déclenchent-elles des alertes ? Les authentifications échouées sont-elles corrélées et analysées ? L'utilisation de techniques comme le DCSync ou le Golden Ticket génère-t-elle des événements investigués ? Cette évaluation révèle souvent que le monitoring Active Directory se concentre sur les authentifications réussies, mais néglige les événements révélateurs d'une reconnaissance ou d'une tentative d'exploitation.

Un cas récent illustre cette problématique. Lors d'un pentest réseau, nous avons identifié un contrôleur de domaine secondaire sur un site distant avec LDAP accessible sans restriction depuis le réseau principal. L'énumération complète de l'annuaire, incluant tous les comptes utilisateurs, les groupes et leurs appartenances, s'est déroulée sans déclencher la moindre alerte. Le client collectait les journaux de sécurité, mais aucune règle ne détectait les requêtes LDAP volumineuses caractéristiques d'une énumération.

 

Pentest applications web et mobiles

Les pentests d'applications web et mobiles révèlent souvent des expositions indirectes d'Active Directory. De nombreuses applications d'entreprise utilisent l'authentification intégrée Windows, LDAP ou des solutions de SSO reposant sur l'annuaire. Ces intégrations créent des chemins d'attaque subtils.

Nous analysons comment l'application interagit avec Active Directory. Une injection LDAP dans un formulaire de recherche d'utilisateurs peut exposer des informations sensibles de l'annuaire. Une mauvaise validation des tickets Kerberos permet des attaques de type pass-the-ticket. Une application web acceptant l'authentification NTLM devient un vecteur de relais d'authentification vers les contrôleurs de domaine.

Le monitoring Active Directory doit inclure ces vecteurs d'attaque applicatifs. Les requêtes LDAP anormales depuis les serveurs d'applications, les authentifications Kerberos avec des SPN inhabituels, ou les tentatives de relais NTLM doivent déclencher des investigations. Notre expérience montre que cette corrélation entre les journaux applicatifs et les événements Active Directory reste rare.

Un exemple marquant concerne un portail RH permettant aux employés de modifier certaines informations de leur profil. L'application construisait dynamiquement des requêtes LDAP sans validation suffisante. Une injection LDAP permettait d'énumérer tous les comptes administrateurs, leurs dernières connexions et leurs attributs sensibles. Aucun monitoring ne détectait ces requêtes anormales, car les journaux LDAP n'étaient tout simplement pas activés sur les contrôleurs de domaine.

 

Pentest IoT et objets connectés

Les pentests IoT et objets connectés mettent en lumière des expositions Active Directory inattendues. Les équipements IoT déployés sur le réseau interne accèdent souvent aux mêmes segments que les contrôleurs de domaine. Une caméra de surveillance compromise, un système de contrôle d'accès vulnérable ou un capteur industriel mal sécurisé devient un point d'entrée vers l'infrastructure Active Directory.

Nous évaluons comment ces équipements IoT sont segmentés du réseau principal. Un scan Nmap depuis un équipement IoT compromis révèle fréquemment une visibilité complète sur les contrôleurs de domaine et leurs services. L'absence de segmentation réseau stricte transforme chaque objet connecté vulnérable en tremplin vers l'annuaire.

Le monitoring Active Directory doit donc surveiller les connexions réseau anormales. Un équipement IoT interrogeant soudainement les services LDAP ou Kerberos constitue un indicateur de compromission. Les tentatives d'authentification depuis des adresses IP inhabituelles, particulièrement depuis des segments réseau dédiés aux IoT, doivent déclencher des alertes.

Lors d'un pentest récent dans un bâtiment intelligent, nous avons compromis un système de gestion climatique mal sécurisé. Depuis cet équipement, nous avions une connectivité complète vers le réseau d'entreprise et pouvions scanner librement l'infrastructure Active Directory. L'énumération des contrôleurs de domaine, les tentatives de connexion SMB et les requêtes DNS massives n'ont généré aucune alerte, car le monitoring ne prenait pas en compte les flux depuis les équipements IoT.

 

Pentest industriel

Les pentests industriels révèlent des interdépendances complexes entre les environnements OT (technologies opérationnelles) et IT, avec Active Directory souvent au centre de ces interconnexions. Les systèmes SCADA, les automates programmables et les interfaces homme-machine utilisent fréquemment l'annuaire pour l'authentification des opérateurs.

Cette convergence IT/OT crée des risques spécifiques. Un attaquant compromettant le réseau de production peut pivoter vers les contrôleurs de domaine si la segmentation n'est pas rigoureuse. Inversement, une compromission de l'annuaire Active Directory peut permettre d'accéder aux systèmes industriels critiques.

Nous évaluons l'exposition d'Active Directory depuis les zones OT. Les scans réseau identifient les chemins de communication entre les segments industriels et les contrôleurs de domaine. Les comptes de service utilisés par les systèmes OT sont analysés : possèdent-ils des privilèges excessifs ? Leurs mots de passe sont-ils suffisamment robustes ? Une compromission de ces comptes permet-elle d'accéder à des ressources IT sensibles ?

Le monitoring Active Directory dans les environnements industriels doit intégrer cette dimension OT. Les authentifications depuis les zones de production, les modifications de comptes de service associés aux systèmes industriels, ou les accès aux contrôleurs de domaine depuis des segments OT constituent des événements à surveiller prioritairement.

Un cas instructif concerne une usine où les IHM (interfaces homme-machine) des lignes de production utilisaient des comptes de domaine pour l'authentification. Ces comptes, créés il y a plusieurs années, avaient accumulé des privilèges bien au-delà du nécessaire. L'un d'eux était membre du groupe des administrateurs de domaine. La compromission d'une IHM, relativement simple en raison de vulnérabilités anciennes, donnait un accès complet à l'infrastructure Active Directory. Aucun monitoring ne détectait les authentifications de ces comptes de service depuis les IHM, car elles étaient considérées comme des flux légitimes.

 

Pentest humain et ingénierie sociale

Les pentests humains démontrent comment l'exploitation de la dimension humaine facilite la compromission d'Active Directory. L'ingénierie sociale permet d'obtenir des identifiants légitimes, contournant ainsi de nombreux contrôles techniques. Le monitoring Active Directory devient alors crucial pour détecter l'usage malveillant de ces identifiants compromis.

Nos scénarios de pentest humain incluent souvent une phase de reconnaissance passive. La collecte d'informations sur l'organisation via les réseaux sociaux, les sites web publics ou les métadonnées de documents révèle des noms d'utilisateurs, des adresses email suivant des conventions de nommage, et des informations sur la structure organisationnelle. Ces données alimentent ensuite des attaques de type password spraying, où nous tentons quelques mots de passe courants sur de nombreux comptes.

Le monitoring doit détecter ces patterns d'attaque. Des authentifications échouées distribuées sur de nombreux comptes, depuis une même adresse IP ou dans une fenêtre temporelle restreinte, constituent un indicateur clair de password spraying. Notre expérience montre que ces détections sont rarement configurées, car les organisations se concentrent sur les verrouillages de comptes individuels plutôt que sur les patterns d'attaque distribués.

Une fois un premier accès obtenu, nous progressons par mouvements latéraux en exploitant les relations de confiance dans Active Directory. L'utilisateur compromis peut-il accéder à des partages contenant des scripts d'administration avec des identifiants en clair ? Peut-il énumérer l'annuaire pour identifier des cibles à haute valeur ? Peut-il exploiter des délégations Kerberos pour obtenir des tickets de service privilégiés ?

Le monitoring Active Directory devrait détecter ces comportements anormaux. Un compte utilisateur standard effectuant soudainement une énumération complète des groupes privilégiés, ou un compte générant des requêtes Kerberos inhabituelles, méritent investigation. La réalité montre que ces signaux faibles passent souvent inaperçus faute de détection comportementale.

Lors d'un récent pentest humain, nous avons obtenu les identifiants d'un utilisateur via une campagne d'hameçonnage ciblée. Ce compte standard nous a permis d'énumérer l'annuaire et d'identifier un serveur d'applications peu sécurisé sur lequel cet utilisateur avait des droits locaux. Depuis ce serveur, nous avons extrait des identifiants en cache, dont celui d'un compte administrateur. La progression complète, de l'utilisateur standard à l'administrateur de domaine, n'a déclenché aucune alerte dans le monitoring Active Directory du client.

 

Au-delà de la cartographie : détecter les vulnérabilités et comportements suspects

 

Le monitoring Active Directory efficace transcende la simple cartographie réseau pour identifier de manière proactive les vulnérabilités structurelles et les comportements suspects révélateurs d'une attaque en cours.

 

Analyse des vulnérabilités structurelles

L'audit régulier de l'annuaire Active Directory révèle des vulnérabilités que la cartographie réseau ne peut détecter. Les comptes dormants avec des privilèges élevés, les mots de passe qui n'expirent jamais, les comptes de service sur-privilégiés ou les délégations Kerberos non contraintes constituent autant de faiblesses exploitables.

L'analyse des chemins d'attaque vers les administrateurs de domaine représente une composante essentielle. Des outils comme BloodHound cartographient les relations de confiance, les appartenances aux groupes, les permissions sur les objets et les droits de connexion locale pour identifier les chemins les plus courts permettant à un attaquant de progresser d'un compte utilisateur standard vers un contrôle total du domaine.

Ces analyses révèlent souvent des surprises. Un ancien compte de stagiaire toujours membre du groupe des opérateurs de sauvegarde, permettant l'exfiltration de l'ensemble de l'annuaire. Un compte de service avec des droits d'administration sur des serveurs critiques et un mot de passe défini il y a cinq ans. Une GPO modifiable par les utilisateurs du domaine, permettant d'injecter du code exécuté sur l'ensemble des machines.

 

Détection des comportements anormaux

Le monitoring Active Directory en temps réel détecte les comportements révélateurs d'une attaque. Les tentatives d'authentification échouées massives, caractéristiques d'une attaque par force brute ou par dictionnaire, doivent déclencher des alertes immédiates. Plus subtilement, le password spraying

distribue quelques tentatives sur de nombreux comptes pour éviter les verrouillages, nécessitant une détection au niveau global plutôt que par compte.

L'énumération de l'annuaire constitue une phase classique des attaques. Un compte effectuant des requêtes LDAP massives pour lister tous les utilisateurs, tous les groupes ou toutes les machines du domaine se comporte de manière anormale. La plupart des utilisateurs légitimes n'interrogent jamais l'annuaire de cette façon. Cette détection nécessite l'activation et l'analyse des journaux LDAP, rarement mis en place.

Les attaques ciblant Kerberos présentent des signatures détectables. Le Kerberoasting consiste à demander des tickets de service pour des comptes avec SPN, puis à les casser hors ligne pour obtenir leurs mots de passe. Ces requêtes de tickets en masse, surtout pour des services rarement utilisés, constituent un indicateur d'attaque. Le Golden Ticket ou le Silver Ticket, utilisant des tickets forgés, présentent des anomalies détectables dans les champs des tickets Kerberos si les bons événements sont collectés et analysés.

 

Surveillance des modifications critiques

Certaines modifications dans Active Directory nécessitent une surveillance particulière. L'ajout d'un compte aux groupes privilégiés comme les administrateurs de domaine, administrateurs de l'entreprise ou opérateurs de sauvegarde doit générer une alerte immédiate avec validation du changement. Ces modifications sont légitimes dans certains contextes, mais leur caractère critique impose une visibilité totale.

Les modifications de GPO, particulièrement celles s'appliquant à des objets sensibles comme les contrôleurs de domaine ou les serveurs critiques, méritent également un monitoring strict. Un attaquant ayant compromis un compte avec des droits de modification sur une GPO peut injecter du code malveillant exécuté lors de la prochaine application de la politique.

Les créations de nouveaux comptes, surtout avec des privilèges élevés, doivent être tracées et corrélées avec les processus RH. Un compte créé en dehors des flux standard d'arrivée de collaborateur constitue un indicateur potentiel de compromission. De même, la modification des attributs sensibles comme les SPN, les délégations Kerberos ou les paramètres d'authentification nécessite une surveillance.

 

Corrélation avec les autres sources de sécurité

Le monitoring Active Directory atteint son plein potentiel lorsqu'il est corrélé avec d'autres sources d'événements de sécurité. Les alertes du système de détection d'intrusion réseau signalant un scan de ports ciblant les contrôleurs de domaine, suivies d'authentications échouées puis réussies dans Active Directory, puis de modifications de groupes privilégiés racontent l'histoire d'une attaque réussie.

Les événements provenant des EDR sur les postes de travail complètent le tableau. Une exécution de Mimikatz détectée sur une station d'administration, corrélée avec des authentifications inhabituelles vers les contrôleurs de domaine, indique une tentative de compromission de l'annuaire. Les journaux des pare-feu révèlent les flux réseau anormaux vers les services Active Directory.

Cette approche holistique transforme des signaux faibles isolés en indicateurs de compromission cohérents. La mise en place nécessite une architecture de collecte et de corrélation d'événements mature, typiquement via un SIEM correctement configuré avec des cas d'usage spécifiques à Active Directory.

 

Mettre en place une stratégie de monitoring Active Directory efficace

La mise en œuvre d'un monitoring Active Directory efficace repose sur une approche structurée combinant technologie, processus et compétences.

 

Définir les événements critiques à collecter

La première étape consiste à identifier les événements à collecter prioritairement. Les journaux de sécurité des contrôleurs de domaine constituent la source principale, mais leur volume impose une sélection rigoureuse. Les événements liés aux authentifications (4624, 4625, 4768, 4769, 4771), aux modifications de groupes privilégiés (4728, 4732, 4756), aux changements de stratégies (4719, 4739) et aux modifications d'objets sensibles (5136, 5137) forment le socle minimal.

L'activation des journaux LDAP permet de détecter les énumérations d'annuaire, mais génère un volume important. Une approche pragmatique consiste à activer ces journaux temporairement lors d'investigations ou sur des contrôleurs de domaine spécifiques. Les journaux Kerberos détaillés (4769 notamment) révèlent les attaques de type Kerberoasting, mais leur volume nécessite une infrastructure de collecte dimensionnée en conséquence.

 

Centraliser et corréler les événements

La collecte centralisée des événements via un SIEM ou une plateforme de gestion des logs s'impose rapidement. Les contrôleurs de domaine génèrent des événements sur chaque système, et seule l'analyse centralisée permet de détecter les patterns d'attaque distribués comme le password spraying ou les énumérations progressives.

La corrélation transforme des événements isolés en scénarios d'attaque détectables. Une règle corrélant des authentifications échouées massives suivies d'une authentification réussie puis d'un ajout à un groupe privilégié détecte une attaque par force brute réussie avec élévation immédiate de privilèges. La mise en place de ces règles nécessite une compréhension approfondie des techniques d'attaque ciblant Active Directory.

 

Établir des baselines comportementales

Le monitoring comportemental détecte les anomalies par rapport à un fonctionnement normal établi. Un compte utilisateur s'authentifiant habituellement depuis une seule machine entre 9h et 18h en semaine génère une alerte s'il s'authentifie soudainement à 3h du matin depuis un serveur. Ces détections nécessitent d'abord d'établir une baseline du comportement normal de chaque entité.

Les outils de User and Entity Behavior Analytics (UEBA) automatisent cette approche en construisant des profils comportementaux et en détectant les écarts statistiquement significatifs. Cette technologie identifie des compromissions subtiles qu'une approche par règles statiques manquerait, comme un compte utilisé de manière inhabituelle sans déclencher de seuil particulier.

 

Former les équipes et documenter les procédures

Le meilleur système de monitoring reste inefficace si les équipes ne savent pas interpréter les alertes et réagir correctement. La formation des analystes SOC aux techniques d'attaque spécifiques à Active Directory, aux indicateurs de compromission et aux procédures de réponse à incident constitue un investissement indispensable.

La documentation des procédures d'investigation accélère les réponses aux incidents. Face à une alerte de Kerberoasting, quelles sont les étapes d'investigation ? Quels journaux examiner ? Quelles actions correctives entreprendre ? Cette documentation transforme une alerte potentiellement ignorée en une réponse structurée et efficace.

 

Auditer régulièrement l'efficacité du monitoring

Le monitoring Active Directory nécessite une évaluation régulière de son efficacité. Les pentests périodiques testent la capacité de détection en simulant des attaques réelles. Les exercices de purple team, où les équipes offensives et défensives collaborent, identifient les angles morts et affinent les règles de détection.

L'analyse des faux positifs et des faux négatifs guide l'amélioration continue. Un taux de faux positifs trop élevé conduit au phénomène d'alerte fatigue, où les analystes ignorent progressivement les alertes. À l'inverse, l'absence de détection de techniques d'attaque courantes révèle des lacunes à combler. L'équilibre entre sensibilité et spécificité du monitoring s'affine progressivement à travers ces itérations.

 

 

Le monitoring Active Directory transcende la simple obligation de conformité pour devenir un pilier stratégique de la cybersécurité d'entreprise. Dans un environnement où l'annuaire concentre l'authentification, les autorisations et la gestion des identités, sa compromission signifie le contrôle total de l'infrastructure.

L'approche présentée dans cet article combine reconnaissance réseau, surveillance comportementale, audit structurel et détection continue. Des outils comme Nmap participent à cette vision globale en cartographiant l'exposition des services Active Directory, mais s'intègrent dans une stratégie plus large incluant l'analyse des vulnérabilités internes, la corrélation d'événements et la détection d'anomalies.

Chez Piirates, nous accompagnons les organisations dans cette démarche à travers nos différentes missions de pentest. Que ce soit pour tester la résilience de votre infrastructure système et réseau, évaluer l'exposition de votre annuaire via vos applications, auditer la sécurité de vos environnements IoT ou industriels, ou simuler des attaques par ingénierie sociale, notre approche intègre systématiquement l'évaluation de votre capacité de monitoring et de détection.

La sécurité Active Directory ne se résume pas à corriger des vulnérabilités ponctuelles. Elle nécessite une vigilance continue, une compréhension approfondie des techniques d'attaque et une capacité mature à détecter, investiguer et répondre aux menaces. Les organisations qui investissent dans cette maturité transforment leur annuaire d'une cible attractive en un terrain hostile pour les attaquants.

La question n'est plus de savoir si votre Active Directory sera ciblé, mais quand, et surtout si vous serez en mesure de détecter et contenir l'attaque avant qu'elle n'atteigne ses objectifs critiques. Le monitoring Active Directory constitue votre meilleure assurance dans cette équation.

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Questions

Qu’est-ce que le monitoring active directory ?

Le monitoring Active Directory consiste à surveiller en continu l’activité, la configuration et les événements de sécurité de l’annuaire windows. Il permet de détecter les comportements anormaux, les tentatives d’élévation de privilèges, les accès non autorisés et les modifications critiques avant qu’elles ne compromettent l’ensemble du système d’information.

Pourquoi active directory est-il une cible prioritaire des attaquants ?

Active Directory centralise l’authentification, les autorisations et la gestion des identités. Une compromission d’un compte à privilèges ou d’un contrôleur de domaine donne à un attaquant un contrôle quasi total sur l’infrastructure, facilitant le mouvement latéral, l’exfiltration de données et les attaques par ransomware.

Quels types d’attaques peuvent être détectés grâce au monitoring active directory ?

Un monitoring efficace permet notamment de détecter :

  • les tentatives d’élévation de privilèges,

  • les attaques par pass-the-hash ou pass-the-ticket,

  • les mouvements latéraux entre postes et serveurs,

  • les abus de comptes à privilèges,

  • les modifications suspectes de groupes, de gpo ou de politiques de sécurité.

 

Le monitoring active directory est-il réservé aux grandes entreprises ?

Non. Toute organisation utilisant Active Directory, quelle que soit sa taille, est concernée. Les attaques ciblant les annuaires ne discriminent pas selon le nombre d’utilisateurs. Des solutions adaptées existent pour les pme comme pour les environnements complexes et multi-domaines.

Découvrez pourquoi le monitoring Active Directory est essentiel pour détecter les vulnérabilités, prévenir les mouvements latéraux et sécuriser votre infrastructure. Guide expert par Piirates.

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